Les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul sont une communauté fondée en 1633 par saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac pour servir les pauvres dans le monde, en particulier à travers l’éducation, la santé et l’action sociale, sans vie cloîtrée.
À cette époque, la plupart des religieuses vivent dans des monastères cloîtrés. Vincent de Paul et Louise de Marillac inventent une forme de vie nouvelle : des femmes consacrées qui vivent en communauté mais sont envoyées dans les rues, les villages, les hôpitaux et les écoles pour servir les plus pauvres.
Saint Vincent résume leur vocation par une formule devenue célèbre : « Leur monastère sera les maisons des malades ; leur cellule, une chambre de location ; leur chapelle, l’église paroissiale ; leur cloître, les rues de la ville. » Cette innovation est considérable : les Filles de la Charité deviennent la première grande communauté féminine non cloîtrée de l’Église catholique.
A la Révolution française, les congrégations religieuses sont supprimées et la Compagnie des Filles de la Charité est dispersée. Beaucoup de sœurs retournent dans leurs familles ou poursuivent clandestinement leurs œuvres.
On assiste alors à une sorte de « diaspora vincentienne », le cas de Besançon est le plus emblématique. Sainte Jeanne-Antide Thouret entre chez les Filles de la Charité en 1787. La Révolution disperse la Compagnie, ne pouvant rejoindre une structure qui n’existe plus officiellement, elle fonde en 1799 à Besançon les Sœurs de la Charité de Besançon. Elle reprend explicitement l’esprit, les règles et la mission de saint Vincent de Paul. On observe d’autres phénomènes comme avec les Filles de la Charité de Saint-François d’Assise où le terme « Filles de la Charité » est emprunté parce qu’il est devenu presque un modèle apostolique féminin : vie communautaire, service des pauvres, enseignement et soins.
Après le Concordat de 1801, la Compagnie des Filles de le Charité se reconstitue progressivement et connaît un nouvel essor. Les autres congrégations comme celles de Besançon ou de Saint François d’Assise continuent de garder leur propre autonomie, constitution et gouvernance.
Les Filles de la Charité se développent sur tous les continents et notamment dans plusieurs pays du Moyen-Orient : Au Liban, en Syrie, en Egypte, en Israël et dans les territoires palestiniens.
Leur maison généralice et son lieu de culte, la chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-miraculeuse, sont implantés à Paris, au 140, rue du Bac (7e arrondissement).
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L’Hôpital français de Nazareth
Les chrétiens de la ville de Nazareth appelaient les sœurs pour s’y installer. Mais les ressources manquaient. Enfin, une personne charitable offrit un capital suffisant pour la fondation. Les habitants de Nazareth, dans leur impatience, allèrent jusqu’à adresser une supplique au Saint Père pour hâter l’arrivée des Filles de la Charité. Ce fut dans les derniers jours de 1897 que Mgr Piavi, Patriarche de Jérusalem, exprima formellement à Sœur Sion son désir de voir les sœurs aller à Nazareth.
Quatre sœurs, une maison louée et 17 lits: voilà les humbles débuts. Un dispensaire pour les pauvres malades s’y ajoute rapidement. Très vite aussi, des visites à domicile sont mises en place, à Nazareth et dans les villages environnants. En 1905, la maison devient autonome. Devant le nombre croissant de malades, un vaste terrain est acheté pour y construire l’hôpital qui est inauguré en 1910 » rapporte la Provinciale du Proche-Orient. L’hôpital poursuit sa mission.
Le centre social à l’école Saint-Vincent
Les Sœurs de la Charité de Besançon sont présentes dans cette mission de Baskinta, au Liban, depuis 1904. Le premier pavillon construit servait de service socio-médical. En 1950, la construction d’une école primaire gratuite a permis la scolarisation des enfants de Baskinta et des villages environnants. Ensuite un collège et une école technique secondaire ont ouvert leur porte. En 1964, la congrégation a ajouté une institution sociale regroupant des orphelines et des cas sociaux dans un internat gratuit. Les élèves internes étudient avec les externes mais elles bénéficient d’une assistance. Elles rentrent dans leur famille durant le week-end et les vacances d’été.